26/04/2016

Le prix des diamants

"Je l'ai cherché partout, toute ma vie durant et finalement, je me suis aperçu qu'il se trouvait dans mon coeur."
 
 
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Hervé se hâtait. Il s'était soigneusement préparé et ajustait fébrilement les dernières touches à sa mise. Ce soir, en effet, allait être un grand soir. Il allait déclarer sa flamme à l'élue de son coeur, Mathilde et à cet effet, il avait prévu de lui offrir un cadeau qui était destiné à sceller leur amour pour l'éternité.

A l'heure prévue, il se rendit au restaurant qu'ils avaient choisi, s'installa à la table réservée pour eux et attendit sa promise.

Elle ne tarda pas à apparaître. Parée de ses plus beaux atours, elle portait une magnifique robe noire qui mettait en valeur sa beauté naturelle.

Hervé la contempla avec ravissement. Comme elle était belle, ainsi vêtue, et comme elle rayonnait. Car elle aussi savait que ce soir n'allait pas être un soir comme les autres.

Une fois installés, ils commandèrent leur repas et attendirent qu'on leur serve du champagne du meilleur cru. Ils trinquèrent à leurs amours et à la chance de s'être rencontrés.

C'est ce moment que choisit Hervé pour présenter son cadeau à Mathilde. Il sortit une petite boîte emballée dans un tissu de soie mauve qu'il tendit à sa compagne.

- Tiens, mon amour, c'est pour toi, dit-il, les yeux tendrement posés sur elle.

- Pour moi ? s'exclama Mathilde avec ravissement. Oh, Hervé chéri, merci !! Mais qu'est-ce donc ?

- Eh bien ouvre, et tu verras.

Mathilde entreprit d'ouvrir le petit cadeau. Elle en sortit la boîte puis l'ouvra et poussa un petit cri de joie.

- Oh, mon Dieu, s'exclama-t-elle, une bague de fiançailles ! Elle est merveilleuse ! Et ce diamant ! Il brille de mille éclats !! 

- Oui, mon amour, il brille comme toi. Tu es le soleil de ma vie, tu le sais, n'est-ce-pas ? répondit Hervé.

Les jours qui suivirent furent empreints de magie. Leur couple était désormais définitivement soudé. Jamais Hervé et Mathilde ne passèrent de plus beaux moments ensemble.

Ce ne fut que deux semaines plus tard que Mathilde commença à se plaindre de maux de tête. Elle n'y fit guère attention, attribuant cela aux tensions générées par les préparatifs du mariage qui s'annonçait bientôt. Malgré les médicaments, les douleurs persistèrent et elle commença à faire des cauchemars.

Un matin, elle se réveilla en sueur et totalement bouleversée. Elle en fit part à Hervé.

- Hervé, mon amour, j'ai fait un terrible cauchemar cette nuit, lui annonça-t-elle.

- De quoi as-tu donc rêvé ?

- J'ai eu une vision affreuse. J'ai vu un enfant africain, les yeux emplis de larmes qui me fixait intensément de ses grands yeux noirs. Il pleurait parce qu'il devait descendre dans un grand trou noir dont il n'était pas sûr de pouvoir ressortir un jour. Sa mère se tenait à ses côtés en lui enjoignant impérieusement d'y descendre. Elle-même pleurait car elle avait perdu son mari et deux de ses enfants dans ce trou.

Mathilde termina son récit en se couvrant les yeux de ses mains, tentant de retenir ses larmes.

- Mais ce n'est rien, mon amour, lui dit doucement Hervé. Ce n'est qu'un cauchemar. Attends, je vais te chercher quelque chose à boire.

Les cauchemars continuèrent jusqu'au jour où Mathilde dut ôter sa bague de fiançailles pour effectuer un travail manuel. Ce jour-là, elle oublia de la remettre à son doigt et la bague resta dans son boîtier.

Elle dormit donc sans sa bague et le lendemain matin, elle s'éveilla, tout étonnée d'avoir bien dormi. Puis, elle se souvint de la bague et la remit à son doigt.

Deux jours plus tard, le même rêve vint la hanter pendant la nuit.

- Hervé, lui dit-elle alors, je me demande si les cauchemars n'ont pas un rapport avec la bague. Quand je ne la porte pas, je ne fais pas de cauchemars.

Hervé lui adressa un regard songeur.

- Sincèrement, je ne crois pas, répondit-il. Quel rapport peut-il y avoir avec cette bague et un enfant africain contraint de descendre dans un trou sinistre ?

- C'est bien ça que j'aimerais savoir. Tu sais d'où viennent les diamants sertis sur les bijoux ? demanda Mathilde.

- Non, je n'en ai aucune idée. De la Hollande ou de la Belgique, je crois.

- Oui, mais qui va chercher ces diamants ? Ce ne sont pas les Belges, non ? demanda Mathilde.

- Il faudrait que je me renseigne. Mais quel intérêt de savoir d'où ils viennent ? N'es-tu pas heureuse d'en porter un ?

- Si, bien sûr. Mais les larmes de cet enfant ne me quittent pas, répondit Mathilde.

- Allons, mon amour, nous n'allons pas gâcher le plus beau jour de notre vie avec ces quelques larmes d'enfant. Nous aurons suffisamment d'enfants pour que tu puisses leur donner tout ton amour.

Mathilde s'approcha de son futur mari et l'enlaça tendrement.

- Oui, tu as raison, lui murmura-t-elle.

Mais en son for intérieur, elle se demanda s'il ne serait pas mieux d'ôter définitivement cette bague et de la remplacer par une bague sertie d'un faux diamant, histoire de trouver la paix dans son sommeil.




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